Tony, qui a décidé de vous confier le brassard ? Ce sont vos coéquipiers où l’entraîneur ?
Ce n’est pas l’entraîneur. Ce sont plutôt les joueurs. Hier (jeudi), il y a eu une discussion entre l’encadrement et les joueurs. Ces derniers ont décidé de me confier le brassard, en reconnaissance de tout ce que j’ai apporté à l’Equipe nationale. Ils ont jugé que vu mon ancienneté, j’étais le mieux placé pour prendre le brassard.
Et comment avez-vous accueilli cette décision de vos coéquipiers ?
Je l’ai acceptée avec plaisir. C’est un hommage et un honneur pour tout ce que j’ai fait dans cette équipe nationale. Il faut reconnaître que ce n’est pas la première fois, que je porte le brassard (la première fois c’était à Praia, lors d’un Sénégal-Cap-Vert 3-1). On me l’avait proposé à plusieurs fois. Mais, cette fois-ci, je me suis dis que le moment est venu de prendre le brassard.
Il était difficile de décliner l’offre vu le contexte…
C’est vrai, mais il faut savoir que tout le monde peut être capitaine. El Hadji c’est un leader naturel, et il le sera toujours. Les Malickou et autres joueurs peuvent aussi être des capitaines sur le terrain. Ce qui fait la différence, c’est le brassard. Je suis content parce que sont les joueurs qui ont décidé de me confier le brassard. Disons que je l’ai accepté surtout par devoir. Les joueurs se sont réunis, ils ont constaté que j’étais l’un des plus anciens dans la Tanière, avec Henry et El Hadji. Et puis finalement, ils ont décidé de me confier le brassard. Je ne pouvais donc pas refuser cette fois-ci. Et c’est l’occasion pour moi de remercier les joueurs et le staff pour la confiance placée en moi.
Est-ce qu’on peut dire que c’est un nouveau départ pour la Tanière, après ce qui s’est passé lors de la dernière Can, au Ghana ?
Ah oui ! c’est un nouveau départ. Il y a des changements qui sont intervenus, avec la venue de nouveaux joueurs. Aujourd’hui, je pense que tout ce que l’on veut, c’est effacer le passé et repartir sur de nouvelles bases Je ne regarde pas derrière, je vois les choses positivement. Je préfère me concentrer sur l’avenir et en priorité, sur notre match contre l’Algérie. Aujourd’hui, on a un nouveau groupe avec de nouveaux jeunes. On prépare le match de l’Algérie dans de très bonnes conditions. On donnera tout face à l’Algérie pour obtenir la victoire. Il faut oublier ce qui est derrière nous, et voir ce qui est devant.
Est-ce qu’on peut s’attendre à voir un nouveau Tony Sylva avec ce brassard ?
(D’un ton ferme) Non, non ! Je ne le pense pas. Tony restera toujours Tony. Malgré tout ce qui s’est passé, je suis toujours le même. Et ce n’est pas parce que j’ai le brassard, que je vais changer.
Peut-être plus râleur dans le terrain ?
(Rire) Je vais râler quand il le faut, mais pas tout le temps. Je ne suis pas là pour emmerder les gars. Je suis là pour positiver, et j’espère avec tous les coéquipiers, on fera le maximum pour reconquérir le public.
Comment jugez-vous votre adversaire, l’Algérie ?
C’est une équipe que l’on respecte et que l’on connaît bien pour l’avoir jouée plusieurs fois. C’est vrai qu’il y a eu des changements au sein de cette équipe, mais c’est comme chez nous. Mais nous allons mettre tous les atouts de notre côté pour remporter ce match.
Quel sera le mot d’ordre ?
Pour ce match, on est tous conscient de ce qui nous attend. Il faut être combatif, se donner à fond pour gagner ce match. Ce sera difficile, ce ne sera pas une partie de plaisir, mais on sera présent.
Ce match se situe dans un contexte assez particulier, marqué par l’échec de la Can ghanéenne. Vous n’avez pas peur de la pression ?
Avant tout, on est des joueurs professionnels. Il y a des contre-performances qu’on ne peut pas prévoir. Comme celle qui s’est passée à la dernière Can. On doit tourner la page et avancer. Avec le soutien de tout le monde, on doit mettre de côté toutes ces querelles et nous concentrer sur le match.
Ce match tombe un 31 mai, une date repère ?
La date du 31 mai 2002, représente en effet beaucoup pour le football sénégalais. Cela nous rappelle de bons souvenirs. Et pourquoi pas remettre ça contre l’Algérie ?
…Comme lors de votre premier capitanat contre le Cap-Vert à Praia où vous vous êtes aussi imposés 3-1.
Ce serait super de renouveler une telle performance. Seul Dieu sait ce qui va se passer contre l’Algérie. Nous, en tant que joueurs, on aimerait remporter la victoire. En tout cas, toutes les conditions sont réunies pour gagner ce match.
Vous allez jouer ce match sans certains joueurs, comme Mamadou Niang et Souleymane Diawara, qui ont fait défection.
Il y a des joueurs qui n’ont pas voulu venir, c’est leur problème. Nous, en tant que joueurs, nous sommes venus par respect pour les couleurs de notre pays. Ceux qui ne sont pas venus ont leurs raisons. C’est à eux de se défendre. Je ne peux parler que de ceux qui sont présents. C’est le plus important.
Qu’est-ce que vous avez envie de dire au public ?
On a toujours joué pour gagner. C’est vrai, après il y a des choses qui se sont passées. Tout ce que l’on demande, c’est que le peuple soit uni et nous accompagne.