samedi, mars 2

Carburants : l’approvisionnement a repris en Ile-de-France après le déblocage de la plus grande raffinerie TotalEnergies

Le conflit social dans les raffineries contre la réforme des retraites va-t-il prendre fin ? La ministre de la Transition énergétique, Agnès Pannier-Runacher, a annoncé ce vendredi matin l’intervention des forces de l’ordre dans la nuit pour débloquer la raffinerie de Gonfreville-L’Orcher en Normandie. Objectif affiché, permettre aux salariés réquisitionnés de prendre leur service, dans un contexte marqué par une pénurie de carburant.

Résultat, l’approvisionnement du bassin parisien en carburants par cette grande raffinerie a repris vendredi. « Le pompage a redémarré » et « cela permet d’approvisionner l’Ile-de-France », a déclaré la ministre, interrogée par RMC.

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« Ce sont juste les expéditions qui vont reprendre »

« Ce sont des réquisitions ultra-ciblées, on parle de trois ou quatre salariés qui doivent prendre leur service », a ajouté la ministre.

La raffinerie TotalEnergies, la plus grande de France, alimente un pipeline « très puissant », a souligné la ministre. « Il est important qu’il puisse fonctionner. La meilleure façon d’approvisionner les stocks intermédiaires qui permettent ensuite d’approvisionner les stations-services, c’est de pousser le carburant dans ces pipelines », a-t-elle ajouté.

Selon Eric Sellini, coordinateur national CGT Chimie, « ce sont juste les expéditions qui vont reprendre, très partiellement et s’ils y arrivent, et sur un seul produit, le kérosène, car les aéroports parisiens sont à sec ».

Un approvisionnement en kérosène critique

La décision du gouvernement intervient alors que les grévistes de la raffinerie TotalEnergies de Normandie avaient reconduit jeudi peu après 14 heures « le refus de relève », actant de fait le rejet d’éventuelles réquisitions. L’approvisionnement en kérosène de l’Ile-de-France et de ses aéroports par la Normandie « devient critique », avait indiqué jeudi à l’AFP le ministère de la Transition énergétique qui avait alors « pris un arrêté de réquisition » à l’égard des grévistes.

La Direction générale de l’Aviation civile (DGAC) prévient depuis plusieurs jours les compagnies aériennes que les réserves de kérosène dans les aéroports de Paris-Charles-de-Gaulle et Paris-Orly « sont sous tension ».

Un secteur de l’énergie toujours mobilisé

Ces tensions s’ajoutent à la pénurie croissante d’essence et de gazole dans les stations-service du pays. Selon l’AFP, 15% des stations françaises manquaient de l’un ou l’autre de ces carburants jeudi, un taux qui monte à plus de 40% en Loire-Atlantique et dans plusieurs départements de Bretagne.

Le secteur de l’énergie reste toutefois particulièrement mobilisé depuis le 19 janvier contre la réforme des retraites du gouvernement. « Maintenant, avec des dépôts en grève, et cinq raffineries sur six à l’arrêt, l’objectif est de tenir jusqu’au retrait » du texte, a ajouté Eric Sellini.

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De son côté, le gouvernement dispose pour sa part de « trois à quatre mois » de stocks « pour faire face à tout type de crise » et dans lesquels le gouvernement puise depuis début mars, a rappelé Agnès Pannier-Runacher. « Le sujet, ce n’est pas les stocks, mais la logistique », a-t-elle martelé.

(Avec AFP)

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