samedi, avril 13

Face à la Russie de Poutine, le nouveau président finlandais prêt à durcir sa politique de sécurité

Des « décisions difficiles ». Tels sont les mots du nouveau président finlandais Alexander Stubb pour qualifier la nouvelle politique de sécurité de son pays, qui connaît des tensions avec la Russie, depuis son adhésion à l’Otan l’an dernier.

« La tâche principale du président de la République est d’assurer en toutes circonstances le maintien de la paix en Finlande », a ainsi déclaré le dirigeant, lors de son discours d’investiture au Parlement. Avant d’ajouter  :

« Je m’y engage, mais en cas de difficultés, je suis également prêt à prendre des décisions difficiles pour assurer la sécurité de notre pays. »

Dans son discours, le président finlandais a aussi fait part de sa vision géopolitique, où « l’ère de l’après-guerre froide » s’est terminée au moment où la Russie a attaqué l’Ukraine, en février 2022. Et de détailler sa pensée sur le sujet :

« Ce qui était censé nous rassembler, la libre circulation, le commerce, la technologie, l’énergie, l’information et la monnaie, est en train de nous déchirer. Les outils de la coopération ont été militarisés. Dans le même temps, la coopération en Europe a été renforcée, et c’est une bonne chose. »

Frontière fermée et tensions migratoires

Depuis le début de la guerre en Ukraine, les relations entre la Finlande et la Russie, qui partagent une énorme frontière de 1.340 kilomètres, se sont considérablement détériorées. La Finlande, qui a repoussé une invasion soviétique à l’hiver 1939-1940, a évité pendant des décennies d’adhérer à l’Otan par crainte de contrarier son voisin.

Neutre pendant la guerre froide (à partir de 1955), le pays scandinave a finalement décidé de rejoindre l’alliance atlantique en avril 2023. Inquiet de sa sécurité, Helsinki a décidé de fermer sa frontière avec son voisin russe en novembre 2023. Une mesure prévue jusqu’au 14 avril prochain, et soutenue par le nouveau président finlandais.

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En août dernier, les autorités finlandaises ont dû faire face à un afflux de migrants à sa frontière orientale, accusant Moscou de délibérément laisser passer un nombre anormal de migrants. Un procédé qualifié d’« attaque hybride » par la ministre finlandaise de l’Intérieur, et qui vise à déstabiliser le pays.

Près de mille demandeurs d’asile, originaires notamment de Somalie, d’Irak et du Yémen, se sont présentés depuis début août aux postes-frontières entre les deux pays. Anticipant que la Russie utilise les migrants comme moyen de pression politique, la Finlande a également commencé à construire une clôture de 200 kilomètres le long de sa frontière avec la Russie.

Un président pro-Otan

Pour rappel, le chef de l’Etat finlandais, élu pour six ans, dirige la politique étrangère du pays en étroite coopération avec le gouvernement. Son rôle a pris de l’importance depuis la guerre en Ukraine et l’entrée dans l’Otan du pays scandinave.

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Ancien Premier ministre conservateur, Alexander Stubb a succédé dimanche 11 février au président Sauli Niinistö, avec 51,6% des suffrages. Ce dernier était réputé pour être le dirigeant européen à s’être entretenu le plus régulièrement avec le président russe Vladimir Poutine. Son successeur Alexander Stubb, qui a toujours été partisan de l’entrée de son pays dans l’Otan, est aussi partisan d’un renforcement des sanctions face à la Russie.

La Lituanie restreint aussi sa frontière

La Lituanie a fermé ce vendredi deux nouveaux postes de contrôle frontaliers avec le Bélarus, allié de la Russie, motivant sa décision par des menaces sur la sécurité nationale.

« Nous avons pris des mesures pour restreindre la circulation de personnes, de marchandises et de transport, quatre des six points de contrôle frontaliers avec le Belarus étant désormais fermés », a déclaré à l’AFP la ministre lituanienne de l’Intérieur, Agne Bilotaite. Pour rappel, la Lituanie a déjà fermé deux premiers postes frontaliers avec le Bélarus l’an dernier.

« Le voisinage précaire de la Russie, qui a lancé une agression militaire en Ukraine, et de son allié le Belarus, dont le régime non démocratique a utilisé les migrants comme outil de pression politique contre la Lituanie, rend nécessaire la prise de mesures de sécurité supplémentaires », a-t-elle aussi indiqué.

Selon les gardes-frontières lituaniens, près de 390.000 citoyens bélarusses ont franchi la frontière l’année dernière, soit environ 50% de plus qu’en 2022. La plupart de ces Bélarusses possédaient des documents de voyage de l’UE délivrés par la Pologne, selon les gardes-frontières. Les relations entre la Lituanie et Minsk se sont détériorées après l’élection présidentielle de 2020 au Bélarus, qui a assuré un nouveau mandat à l’homme fort du pays, Alexandre Loukachenko.

(Avec AFP)

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